Newsletter

Egypte : Déclaration des Socialistes révolutionnaires suite aux massacres du 1er février
Par Socialistes révolutionnaires - Egypte le Jeudi, 09 Février 2012 PDF Imprimer Envoyer

Quel message voulaient envoyer ceux qui sont à l’origine des crimes commis contre « les Ultras » (supporters du club de football du Caire), et qui ont fait 75 martyrs ?

Voulaient-ils réprimer des forces et des groupes qui ont participé à la révolution, et qui continuent à s’opposer au Conseil militaire ?

Ou bien ce crime, qui a eu lieu pour la date anniversaire de la « bataille des chameaux », a-t-il voulu confirmer que les commanditaires de cette bataille estiment que le pouvoir et les forces qu’ils continuent à détenir les autorisent à commettre de nouveaux crimes ?

Le fait que ces crimes se soient passés quelques jours après la levée l’état d’urgence cherche-t-il à prouver que, sans celui-ci, la sécurité n’est pas assurée ?

Ou bien encore, ce crime veut-il accréditer un scénario de route vers le chaos incluant des actes de vandalisme (comme cela avait été le cas avec le grand incendie du Caire en 1952) ? Et cela après que les forces révolutionnaires soient parvenues à protéger l’honneur de la révolution et aient mis en lumière les prétendus grands risques qu’elle ferait courir au pays.


Quel que soit le message que ce crime veut faire passer, la seule réponse des forces révolutionnaires est de dire « Non ». Les crimes commis contre les forces révolutionnaires n’arrêteront pas la révolution, et ne terroriseront pas les révolutionnaires.


Les responsables de la « bataille des chameaux » de 2011, qui sont protégés par le Conseil militaire, ne parviendront pas à leurs fins. Ils échoueront comme la précédente fois. Ils vont précipiter le régime actuel dans le même gouffre où ils ont mené celui de Moubarak. Les lois d’urgence qui n’ont pas pu protéger Moubarak, ne sauveront pas le maréchal Tantaoui (au pouvoir depuis le 11 février 2011).


La machination actuelle a été mal organisée : elle n’est pas parvenue à masquer la complicité des forces de sécurité qui sont restées pendant des heures sans broncher face aux massacres meurtriers. Celles-ci n’ont pas levé le petit doigt pour protéger les victimes. La seule conclusion que peuvent en tirer les révolutionnaires, c’est que la révolution doit continuer, qu’elle doit remplir sa mission de briser le régime mis en place par Moubarak : le Conseil militaire, qui en constitue l’armature essentielle, n’a jamais cessé de défendre Moubarak et son régime.


Le groupe de supporters de football « Ultras » qui s’est engagé très tôt dans la révolution et a milité dans les rangs révolutionnaires, fait la preuve chaque jour qu’il est partie prenante de la révolution. Les « Ultras » se sont mis en place en Egypte comme réaction spontanée à la domination de la politique du profit et à la rapacité des capitalistes envers le football. Ceux-ci ont transformé le foot en marché publicitaire, augmenté le prix des billets, mis en place un monopole sur la diffusion des matchs, et imposé la barbarie des forces de l’ordre chargés de la sécurité.


Les « Ultras » ont été réprimés comme les autres groupes égyptiens s’opposant à l’oppression et à l’exploitation. Il n’était pas surprenant que les « Ultras » prennent leur place au sein de la révolution égyptienne éprise de liberté et de justice. Ceux-ci assument pour cette cause tous les sacrifices faits par les forces révolutionnaires et militantes, refusant que le Conseil militaire vole la révolution et rétablisse le régime d’oppression et d’exploitation.


Le crime qui a été commis lors de l’anniversaire de la « bataille des chameaux » n’est qu’une nouvelle tentative d’affaiblir les forces révolutionnaires après l’échec de la politique de dénigrement, de répression et de tentative de les terroriser. Tout cela n’a pas réussi à pousser les révolutionnaires à la résignation.


Les Socialistes révolutionnaires soutiennent les « Ultras » face à ce crime. Il est nécessaire que toutes les forces révolutionnaires et militantes serrent les rangs et soutiennent la révolution.

La première de nos revendications, c’est que toute la lumière soit faite sur cette machination, et que soient connues et punies les personnes impliquées, ou qui ont failli à leur devoir face à celle-ci.


Vive l’Ultra en tant que groupe militant !

Gloire aux martyrs !

La révolution triomphera !

Honte aux criminels !


Socialistes révolutionnaires, 2 février 2012


* Tract distribué par les Socialistes révolutionnaires à la manifestation du jeudi 2 février au Caire. Traduit de l’arabe par RF. Les passages mis entre parenthèses ont été ajoutés par le traducteur.



Publié sur http://www.europe-solidaire.org



Voir ci-dessus